Quelles sont les maladies concernées ?

1er Hôpital Universitaire français par sa taille, l'hôpital Pitié Salpêtrière regroupe l'ensemble des activités médicales existantes, hormis la pédiatrie (sauf pédopsychiatrie), la dermatologie, le traitement des grands brûlés.

Hôpital Universitaire Pitié Salpêtrière

Quelles sont les maladies concernées ?

Les canalopathies musculaires sont des affections rares, pour la majorité d’origine génétique, liées à des mutations des canaux ioniques musculaires. Ce sont des maladies chroniques, invalidantes, de début souvent précoce, nécessitant un suivi médical et un ajustement thérapeutique tout au long de la vie. Leurs manifestations sont épisodiques et n’engagent généralement pas le pronostic vital mais peuvent parfois conduire à une prise en charge en réanimation si elles concernent les muscles respiratoires.

On en distingue 2 groupes :

Les paralysies périodiques

Elles se manifestent par la survenue d’accès récurrents de paralysie, durant quelques minutes à quelques jours, allant d’une simple faiblesse d’un membre à une paralysie complète des 4 membres avec parfois des difficultés respiratoires et de déglutition. Les accès sont habituellement déclenchés par l’immobilité prolongée (long trajet en voiture par exemple) et le repos après les efforts intenses et/ou inhabituels. Leur fréquence et leur sévérité sont très variables mais s’estompent généralement avec l’âge. Certains patients peuvent cependant développer à partir de 30-40 ans, en plus des crises paralytiques, un déficit plus permanent des muscles des cuisses en lien avec une myopathie vacuolaire. Traditionnellement, on classe les paralysies périodiques en fonction du taux élevé (hyperkaliémie) ou bas (hypokaliémie) de potassium sanguin au moment d’une crise paralytique. Cependant, ces variations peuvent être discrètes et très transitoires rendant la distinction entre les différentes formes difficile. La classification actuelle s’appuie sur l’association de critères cliniques plus fins, de critères électromyographiques et de l’anomalie génétique détectée et permet de distinguer :

 

La paralysie périodique hypokaliémique familiale

RÉSUMÉ

La paralysie périodique hypokaliémique (hypoPP) est caractérisée par des accès de paralysie musculaire de durée variable (de quelques heures à 24-48 heures) s’accompagnant d’une chute du taux de potassium sanguin. La prévalence de la maladie est de l’ordre de 1/100 000. La paralysie touche le plus souvent les quatre membres réalisant alors une tétraplégie. Les facteurs de déclenchement principaux sont les repas riches en glucides et le repos après l’effort. La maladie débute en général au cours de la seconde décennie. L’hypoPP peut s’accompagner dans un pourcentage de cas mal connu d’une myopathie vacuolaire responsable d’un déficit moteur permanent apparaissant entre la quatrième et la cinquième décennie. Le mode de transmission de l’hypoPP est autosomique dominant ; sa pénétrance est incomplète, particulièrement chez la femme. Des cas sporadiques ainsi que des néo-mutations ont été rapportés. Environ 70% des cas sont liés à une mutation du gène du canal calcium musculaire CACNL1A3 et 10% des cas à une mutation du gène du canal sodium musculaire SCN4A. L’électromyogramme avec test d’effort permet de mettre en évidence des troubles de l’excitabilité de la membrane musculaire et d’orienter le diagnostic moléculaire. Un diagnostic moléculaire est possible par la recherche de mutations dans les gènes incriminés. Le diagnostic différentiel inclut la paralysie périodique hypokaliémique thyrotoxique (dosage des hormones thyroidiennes). Une supplémentation potassique et/ou un traitement par acétazolamide permettent de diminuer de façon importante le nombre d’accès de déficit moteur.

Editeur(s) expert(s)

Pr Bertrand FONTAINE

 

La paralysie periodique hypokaliémique thyrotoxique

RÉSUMÉ

La paralysie périodique thyrotoxique (PPT) est une maladie neurologique rare caractérisée par des épisodes récurrents de paralysie et d’hypokaliémie pendant une crise de thyrotoxicose.

Elle est plus fréquente chez les hommes asiatiques (avec un ratio homme : femme allant de 17 : 1 à 70 : 1) au cours de la troisième décade de vie. L’incidence annuelle en Chine et au Japon est estimée à environ 1/50, alors qu’elle est estimée à 1-2/1 000 chez les patients hyperthyroïdiens non asiatiques.

La PPT se manifeste par des épisodes récurrents de faiblesse musculaire aiguë des quatre extrémités dont la sévérité varie d’une parésie à une paralysie complète. La récupération survient dans les 2 à 72 heures. Les attaques surviennent habituellement pendant la nuit et peuvent être précédées de crampes musculaires, de douleurs et d’une raideur. Des manifestations oculaires, bulbaires et respiratoires ont également été rapportées mais restent rares. Les attaques sont déclenchées par l’ingestion d’une quantité élevée d’hydrates de carbone ou par une activité physique intense suivie d’une période de repos. Les épisodes ne surviennent que lorsque les patients sont hyperthyroïdiens mais les signes et symptômes classiques de l’hyperthyroïdie sont souvent absents au moment de la première attaque. La PPT est associée à l’hyperthyroïdie indépendamment de sa cause, mais survient plus fréquemment dans la maladie de Basedow.

Sa pathogenèse reste incertaine. Une prédisposition génétique semble jouer un rôle dans la pathogenèse de la PPT et des polymorphismes d’un des nucléotides des gènes CACNA1S (1q32) et GABRA3 (Xq28) ont été associés à une susceptibilité à la PPT dans les populations asiatiques. L’hypokaliémie résulte d’un passage du potassium extracellulaire vers le compartiment intracellulaire dû à une augmentation de l’activité de la pompe Na/K-ATPase, aussi bien en réponse directe à l’hormone thyroïdienne qu’indirectementpar une stimulation adrénergique, l’insuline ou l’exercice. .

Les analyses biochimiques sont essentielles au diagnostic, avec pour résultat principal, une thyrotoxicose et une hypokaliémie modérées à sévères au cours des attaques. D’autres anomalies peuvent inclure une hypophosphatémie et une hypomagnésémie, sans modifications de la balance acide-base. L’EMG révèle des modifications myopathiques durant les attaques et des anomalies de l’excitabilité musculaire après un test d’exercice prolongé. Des anomalies sont également détectées par ECG.

La thyrotoxicose est l’anomalie principale permettant de différencier la PPT d’autres causes de paralysie périodique hypokaliémique (PPH), telle que la PPH familiale (voir ce terme) et d’autres troubles hypokaliémiques associés à un mouvement potassique transcellulaire et une perte excessive de potassium rénal ou une perte gastrointestinale. Le diagnostic différentiel doit également inclure le syndrome de Guillain-Barré, la myélite transverse (voir ces termes), une compression de la moelle épinière et l’hystérie, ainsi qu’une faiblesse musculaire et une fatigue, associées à un hyperthyroïdisme chez des patients présentant une myopathie thyrotoxique ou une myasthénie auto-immune (voir ce terme).

La PPT survient habituellement de façon sporadique.

La prise en charge de la PPT inclus un contrôle constant de l’hyperthyroïdisme, la prévention des attaques avec du propranolol et d’éviter les facteurs précipitants. L’administration de potassium pendant les attaques peut empêcher les arrhythmies cardiaques et accélérer la guérison d’une paralysie.

Le pronostic est bon et la PPT disparait lorsque l’état euthyroïdien est obtenu.

Editeur(s) expert(s)

Dr Savine VICART

 

La paralysie périodique hyperkaliémique familiale

  • la paralysie périodique normokaliémique familiale,
  • le syndrome d’Andersen-Tawil.

Les syndromes myotoniques non dystrophiques La myotonie est un symptôme musculaire défini par un retard à la décontraction musculaire survenant après une contraction volontaire. Les patients se plaignent d’une « raideur », plus ou moins douloureuse, apparaissant dès l’initiation d’un mouvement, particulièrement s’il est effectué après une période d’inactivité ou de repos. Elle peut intéresser les muscles des 4 membres, les muscles axiaux (cou, tronc) et/ou ceux de la face. Jusqu’à présent, la stratégie de classification des myotonies non dystrophiques reposait principalement sur des critères cliniques d’aggravation ou non des symptômes au froid et à l’effort, pas toujours évidents à distinguer, et parfois sur l’anomalie génétique. Aujourd’hui, cette classification peut être grandement simplifiée grâce à la combinaison de tests fonctionnels électromyographiques et du diagnostic génétique. Ainsi, nous retenons trois grandes catégories :